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Comment développer l’autonomie au travail pour booster les performances de son entreprise ?

Développer l’autonomie de ses collaborateurs au travail ? Pendant longtemps, ce n’était pas une priorité pour les entreprises. Pourtant aujourd’hui, cette soft skill est devenue essentielle à acquérir pour nombre d’entre elles. Et ceci plus particulièrement depuis le début de la pandémie et les premiers confinements. Avec la généralisation du télétravail, certaines ont rapidement pris conscience de son importance. Et, surprise, en abandonnant les anciens modèles de management et en privilégiant la confiance, elles ont pu en tirer de nombreux bénéfices. Bien-être au travail, performances économiques et sociales accrues… Que demander de plus ? Suivez le guide pour, enfin, comprendre tous les avantages de l’autonomisation des salariés et faire votre transition vers de nouveaux modes de travail. C’est le moment de revoir votre stratégie managériale !

Qu’est-ce que l’autonomie au travail ?

L’autonomie au travail permet au salarié de devenir un véritable acteur au sein de l’entreprise. Négligée pendant de nombreuses années, elle apparaît aujourd’hui dans le top des soft skills à développer. Mais pourquoi cet engouement soudain ?

L’autonomie au travail en théorie

La notion d’autonomie apparaît dès notre plus jeune âge. «L’enfant doit devenir autonome dans ses gestes (ce que l’on nomme ici une indépendance corporelle) pour ensuite l’être dans ses choix (notion indissociable de l’autonomie) et enfin dans sa personnalité, son identité ». C’est ce qu’avance Elisa Herman dans son article La notion d’autonomie et ses impensés dans la socialisation enfantine (revue Mouvements 2007/1, no 49).

La notion d’autonomie est associée au libre-arbitre et à la formation de la personnalité : elle est une étape vers la constitution de soi. 

Revue Mouvements 2007/1, no 49,
La notion d’autonomie et ses impensés dans la socialisation enfantine

Et cet enseignement de l’autonomie continue jusqu’à ce que nous ayons atteint la majorité, voire plus en fonction des sociétés. Mais qu’en est-il dans le cadre du travail ? Nous voilà projetés dans un monde parfois inconnu où de nouvelles règles s’appliquent. Celles-ci nous cadrent au quotidien et organisent notre temps et nos missions. Pour Christophe Everaere, professeur en gestion des ressources humaines, le terme « renvoie communément à l’idée de capacité d’initiatives, de discernement, d’auto-organisation, voire de « liberté » dans le travail. Elle suppose intelligence et réflexion pour réagir rapidement à des situations plus ou moins imprévisibles, quel que soit le niveau hiérarchique des individus, même si le niveau d’autonomie tend à augmenter avec celui des classifications » (source : be-up-developpement.com).

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Pourtant, l’autonomie dans le contexte professionnel est souvent laissée de côté. Les raisons sont majoritairement liées à la crainte de perte de contrôle et, donc, finalement, au manque de confiance. Pourrait-on dire ainsi que nos parents ont eu davantage confiance en nous quand nous étions enfants que nos patrons aujourd’hui ? Cette analogie peut prêter à sourire, mais elle pousse également à la réflexion. Si, depuis tout petit, le but est de nous rendre autonomes, que se passe-t-il quand cela nous est refusé une fois dans le monde du travail ?

Selon l’Observatoire de la Santé Psychologique au travail du cabinet Stimulus, les conséquences peuvent être graves pour les salariés. Ainsi, en 2018, le manque d’autonomie concernait 56 % d’entre eux et représentait une importante cause de stress. Les risques psychosociaux ne sont alors pas négligeables et affectent directement la Qualité de Vie au Travail (QVT), plus récemment nommée Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT). À la clé pour le collaborateur : bore out (ennui), troubles du sommeil, dépressions, dépendances à diverses substances toxiques… Du côté des entreprises, les effets sont tout aussi négatifs puisqu’elles s’exposent à des cas répétés d’absentéisme, une baisse de motivation et, donc, de productivité, des turnovers fréquents…

Le manque d'autonomie au travail peut mener à une profonde sensation d'ennui, voire au bore out.

Tout cela alors que les salariés sont actuellement de plus en plus nombreux à être en demande d’autonomie. Elle a ainsi tout intérêt à y souscrire.

Les avantages de l’autonomie au travail

Un engagement et une motivation plus forte des salariés

En développant l’autonomie au travail, vous responsabilisez vos collaborateurs et leur donnez l’occasion de s’exprimer. Ils deviennent alors acteurs de leur vie professionnelle. Dans la majorité des cas, leur motivation augmente tout comme leur engagement. Ils se sentent impliqués et la confiance que vous leur témoignez peut-être considérée comme une reconnaissance pour leur travail. Vous fidélisez ainsi votre collaborateur qui peut même, si plusieurs autres conditions sont réunies, devenir un véritable ambassadeur pour votre entreprise.

Une productivité plus importante

Vous l’avez compris, l’autonomie au travail entraîne la productivité. Mais cela vaut également pour les postes stratégiques. En effet, un manager qui déléguera plus facilement des tâches pourra se consacrer à celles qui créent de la valeur. Il aura aussi plus de temps pour travailler sur des projets tels que la formation de ses équipes ou le bien-être au travail. Une bonne chose lorsque l’on sait que ce dernier doit aujourd’hui réinventer ses missions.

Une créativité boostée par le travail collaboratif

En donnant davantage de latitude à vos salariés, vous développez également le collaboratif. Chacun étant en capacité de s’exprimer davantage, il avancera ses idées et pourra ainsi s’inscrire dans une dynamique de groupe. Ne dit-on pas qu’à plusieurs on est plus fort ? Le partage d’idées, de stratégies et de compétences est un formidable outil au service de l’efficacité. De même, avoir la liberté d’effectuer son travail comme on le souhaite donnera des ailes en matière de créativité. Encore un bénéfice pour une entreprise plus innovante et performante.

Une meilleure qualité de vie au travail

Lorsque chacun s’organise comme il le souhaite, il peut plus facilement jongler entre vie professionnelle et vie personnelle. Vous agissez donc sur la qualité de vie au travail de vos collaborateurs. En participant à leur bien-être, vous leur ouvrez de nouvelles possibilités et ainsi, réduisez les risques psychosociaux.

5 façons de développer l’autonomie au travail

Vous êtes désormais convaincu de l’utilité de l’autonomie au travail ? Alors, c’est le moment de la développer au sein de votre entreprise ! Nous vous donnons nos solutions pour une mise en place réussie.

Faire un bilan : mesurer le niveau d’autonomie de ses collaborateurs

Commencez par faire un bilan du degré d’autonomie de vos salariés. Les questions suivantes pourront, par exemple, être posées à un manager :

  • Les collaborateurs sont-ils au fait de ce qu’on attend d »eux au quotidien ?
  • Est-il possible pour eux de moduler leurs horaires de travail ?
  • Peuvent-ils s’organiser comme ils le souhaitent et choisir leurs méthodes de travail ?
  • Prenez-vous en compte l’avis de vos collaborateurs et leur permettez-vous de s’exprimer ?

L’autonomie doit ensuite se mesurer d’un point de vue individuel. Vous pouvez, pour cela, vous appuyer sur le modèle de Katherine Symor adapté, par la suite, au coaching et au management par Vincent Lenhardt. Il détaille les 4 stades par lesquels va passer le collaborateur vis-à-vis de son manager avant de parvenir à fonctionner à un haut « degré d’autonomie » :

L'autonomie au travail doit se mesure au niveau individuel.
  1. La dépendance ou niveau zéro : elle concerne le salarié junior ou qui vient d’arriver dans l’entreprise et va prendre connaissance de ses missions. Une relation de dépendance se crée donc avec son supérieur hiérarchique. Son autonomie sera, dès lors, limitée. Cette phase ne doit pas durer au risque de s’installer dans le temps.
  2. La contre-dépendance : les premières oppositions se font sentir. Le salarié prend des initiatives seul et refuse les règles établies. Le but étant de s’affirmer et de trouver sa place. Les risques sont conséquents pour chacune des parties et le manager doit être plus vigilant.
  3. L’indépendance : la coopération est pratiquement inexistante. Le collaborateur veut prouver à lui-même et aux autres qu’il peut réussir seul. Là encore, c’est un moment où des erreurs peuvent être commises.
  4. L’interdépendance ou l’autonomie : une relation d’égal à égal s’instaure. Il est désormais compétent, sait travailler en équipe et accepter les retours de façon constructive.

Cet outil devrait vous permettre d’avoir une vision assez juste du degré d’autonomie de vos collaborateurs pour pouvoir, ensuite, prendre les actions requises.

Proposer des formations à ses collaborateurs selon leurs besoins

Un salarié peut, à différents moments de son parcours dans l’entreprise, souffrir d’un manque de compétences. Cela peut être à son arrivée comme au cours de sa carrière. L’obsolescence des compétences est, en effet, le mal de ces dernières années dans le monde du travail. Or, comment lui accorder une autonomie complète au travail, s’il n’est pas totalement opérationnel ? Tout simplement en recourant à la formation.

C’est un excellent moyen d’accroître son sentiment de légitimité et de le conforter dans son poste. Les erreurs seront alors moins fréquentes et, de votre côté, vous serez rassuré. En lui proposant des formations, vous lui permettrez également de progresser et de rester motivé. Son engagement sera aussi plus important. Que de bénéfices, finalement, avec la formation ! Pensez à consulter notre catalogue de formation, particulièrement adapté aux besoins actuels des organisations.

Faciliter et encourager la communication

Vos salariés doivent pouvoir communiquer avec vous en toute confiance, sans avoir peur d’être jugé. Encouragez-les à se lancer et à partager leurs idées. Certains ne se sentiront pas très à l’aise dans cet exercice par peur de mal faire. Ils ont le droit de se tromper. Prouvez-le leur ! C’est à vous de trouver les bons rituels, leur offrant un cadre propice aux échanges.

Impliquer ses collaborateurs et leur témoigner sa confiance

L’autonomie en entreprise se développe au quotidien au travail. Un peu comme un enfant l’apprend avec ses parents, le salarié doit fournir le cadre adéquat à son développement. Ce sont ses pratiques qui impulseront un nouvel état d’esprit. Procédez par étape :

  • Proposez-leur un véritable accompagnement en vous intéressant à eux d’un point de vue individuel et collectif ;
  • Apprenez à déléguer des tâches stratégiques pour leur donner confiance et, in fine, favoriser la prise d’initiative ;
  • Mettez en place un cadre de travail adapté à la bonne réalisation de leurs missions et aidez-les à remplir leurs objectifs en gardant un œil attentif sur leurs avancées ;
  • Soyez reconnaissant. C’est sans doute l’un des points les plus importants. Le manque de reconnaissance est l’une des principales causes de démotivation en entreprise. Alors, sachez valoriser les efforts réalisés.
La reconnaissance du travail accompli est un point essentiel du management.

Vous avez des difficultés à adopter ce type de fonctionnement ? Il existe une solution.

Se former aux nouvelles formes de management

Les nouvelles formes de management permettent d’augmenter l’autonomie des salariés au travail. Pourtant, il n’est pas toujours facile de les mettre en pratique lorsqu’on ne dispose pas des bons codes ou outils. C’est la raison pour laquelle nous vous conseillons de vous former également à ces derniers. Montrez l’exemple grâce à des formations telles que Management d’Entreprise à l’Ère du Digital, Encadrer et animer une équipe à l’Ère du Digital ou à des modules plus ciblés comme Management transversal, Nouvelles tendances du management

En conclusion : faites confiance à vos collaborateurs pour développer l’autonomie au travail et booster les performances de l’entreprise

Vous l’avez compris, l’autonomie au travail peut facilement se développer. À condition, bien entendu, d’y œuvrer grâce aux bonnes pratiques que nous vous avons présentées. La formation sera, à nouveau, votre alliée. S’il ne fallait retenir qu’un seul conseil : testez ! C’est encore le meilleur moyen d’apprendre. Vous aussi vous avez le droit à l’erreur.

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