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La semaine de 4 jours : pourquoi pas ?

La semaine de 4 jours en entreprise, doux rêve ou réalité ? L’Islande vient de prouver que c’était possible grâce à des études menées sur des milliers d’agents publics. Les résultats démontrent même des gains importants en termes de bien-être et de productivité. À l’heure où certaines entreprises se posent la question de travailler plus pour compenser les effets de la crise COVID, d’autres prennent le contre-pied. Elles sont, en effet, quelques-unes à tenter l’aventure ! Mais pour quels bénéfices ? Et quels changements pour les salariés au quotidien ? Le modèle est-il adapté à tous types d’entreprises et de personnes ? Nous répondons à toutes vos interrogations sur le sujet et vous donnons les clés pour une mise en application réussie.

Pourquoi la semaine de 4 jours intrigue-t-elle les entreprises ?

La semaine de 4 jours est au cœur de l’actualité du moment. Et pour cause ! Avec la pandémie, les envies des salariés ont changé. Zoom sur ce modèle qui fait l’objet de nombreux débats.

Le principe de la semaine de 4 jours

Et si vous pouviez travailler 4 jours par semaine uniquement ? Un doux rêve que certaines entreprises ont rendu possible. Mais comment ont-elles fait ? Il existe aujourd’hui différentes façons de procéder. Ainsi, certaines misent sur la réduction du nombre d’heures de travail, alors que d’autres préfèrent augmenter le temps de travail journalier. Un dernier choix consiste également à retirer un jour de travail hebdomadaire.

Et en ce qui concerne le salaire ? Celui-ci doit rester le même qu’auparavant, peu importe l’option retenue. En France, l’idée est apparue dans les années 90 avec le politicien Pierre Larrouturou. C’est au retour d’un congé sabbatique qu’il propose une semaine de travail réduite à 32 heures pour les salariés et d’autres formules pour les cadres. Son objectif ? Créer, selon ses calculs, plus de deux millions d’emplois.

En 1996, les accords de Robien permettent aux entreprises qui le souhaitent de réduire le temps de travail des salariés tout en bénéficiant d’allègement de charges. Certaines tentent l’expérience avec succès, d’autres reviennent en arrière, se heurtant à des contraintes budgétaires et à un manque d’accompagnement. Finalement, après dix ans d’affrontement entre le patronat et les syndicats, la réforme des 35 heures est adoptée dans les années 2000 mettant fin, de fait, à la loi Robien. Depuis, cette réforme n’a cessé d’être « détricotée » pour aller vers plus de flexibilité. De quoi relancer le débat aujourd’hui.

Les impacts de la crise sur le monde du travail

Les entreprises doivent maintenant composer avec de nouvelles envies et attentes des salariés.

Cette année marquée par la pandémie de Covid-19 a été particulièrement complexe pour de nombreuses entreprises. Entre arrêt de travail, chômage partiel, télétravail, revendications salariales… difficile de retrouver son équilibre dans un monde encore incertain. C’est donc sans surprise que se posent de nouvelles questions, notamment concernant le temps de travail et, bien entendu, le bonheur au travail.

Les entreprises doivent maintenant composer avec de nouvelles envies et attentes des salariés. Un enjeu important si elles souhaitent conserver des effectifs motivés. En effet, certains n’hésitent pas à tout quitter, voir à changer de métier. Ainsi, selon une enquête 2021 de VISIPLUS academy, BVA et LHH, 49 % des actifs français envisagent, effectuent ou ont déjà réalisé leur reconversion professionnelle cette année. Un chiffre qui montre une forte évolution des mentalités et un besoin de plus de flexibilité. La semaine de 4 jours pourrait-elle donc apporter des solutions ?

Des expérimentations réussies

L’Islande a récemment annoncé de très bons résultats sur son expérimentation de la semaine de 4 jours. La mairie de Reykjavik et le gouvernement islandais ont choisi de faire appel à deux think tank pour la mise en place du dispositif. Testé sur 2 500 Islandais (1 % de la population) pendant quatre ans, il s’agissait de réduire le temps de travail hebdomadaire à 35h (contre 40 habituellement) sur quatre jours. Et tout cela pour un salaire équivalent. Succès garanti puisque la productivité aurait même augmenté dans certaines entreprises. Comment l’expliquer ? Tout simplement grâce à une évolution des modes de travail. Ainsi, les réunions ont diminué et les tâches inutiles ont été supprimées. On note aussi un bien être significatif. En effet, selon un participant dont les propos ont été rapportés par France Inter :

La réduction des heures entraîne une augmentation du respect individuel. Cela prouve que nous ne sommes pas des machines qui ne font que travailler toute la journée, dormons et retournons travailler. Mais que nous sommes des personnes avec des envies, des vies privées, des familles, des hobbies.

En France, de rares entreprises se sont également laissées tenter par l’aventure. C’est le cas de l‘entreprise informatique lyonnaise LDLC. Cette dernière a mis en place ce dispositif en début d’année, en pleine période COVID. Un pari risqué ? Pas vraiment car celui-ci était préparé depuis 2019 et avait déjà été repoussé. Au contraire, l’annonce avait remporté un franc succès auprès des salariés. Son dirigeant, Laurent de la Clergerie, confiait ainsi au Figaro, en février 2021 :

Depuis juin nous avons connu une croissance de 40 % et je n’ai presque pas eu besoin d’embaucher, car cette annonce, des semaines de quatre jours, a boosté les employés avant même de commencer. Je suis déjà gagnant ».

Parmi les réussites, on peut également citer des entreprises telles que IT partner, une PME de services numériques ou encore, depuis 2007, Yprema, une entreprise spécialisée dans le recyclage de matériaux de déconstruction. L’heure est au bilan pour certaines !

Bénéfices de la semaine de 4 jours

Les premiers résultats montrent, comme nous en parlions plus tôt, des avantages certains, susceptibles de séduire de nombreuses entreprises.

Bien-être au travail pour davantage de productivité

Un salarié ayant une meilleure qualité de vie au travail se sentira davantage motivé.

L’augmentation de la productivité est, encore une fois, le premier argument mis en avant par les adeptes du concept. De fait, un salarié ayant une meilleure qualité de vie au travail se sentira davantage motivé. Ainsi, selon un salarié islandais ayant bénéficié de l’expérimentation : « c’est la carotte qui nous fait avancer plus vite ». C’est aussi l’occasion pour les entreprises de revoir leurs méthodes de travail et de penser rationalisation. Le bien-être étant à l’honneur en cette période complexe, c’est le moment de le faire rimer avec productivité. Et les collaborateurs s’y retrouvent !

Une meilleure gestion de son temps au quotidien

Un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso ? Une meilleure organisation au quotidien ? C’est ce qu’avancent certains collaborateurs tels que Gaëlle Martineau, adjointe du Service Achats chez Yprema. Le fait d’avoir une journée de plus lui offre, en effet, la possibilité de prendre du temps pour elle, pour les siens ou pour des tâches qui lui prenaient du temps le week-end. Elle témoignait ainsi en avril dernier pour le magazine Marie-Claire :

« Je travaille quatre jours et je suis libre trois jours pour le même salaire qu’un 35 heures classique. C’est un bon équilibre entre la vie pro et la vie perso. Ça me permet de passer plus de temps avec mes enfants, Mélina, 9 ans, et Gabriel, 3 ans. De gérer toutes les activités extra-scolaires du mercredi moi-même plutôt que de m’en remettre à des animateurs. Et de regrouper le mercredi tous ces rendez-vous, médecins, banque, démarches administratives etc. impossibles à prendre hors horaires de travail sans culpabiliser. Ça permet d’avoir de vrais week-ends reposants. »

Une marque employeur au top

La marque employeur : nous vous parlions de son importance récemment dans notre article « Comment repenser le recrutement avec la crise ? ». Les ressources humaines doivent aujourd’hui miser sur le marketing RH pour recruter de nouveaux talents, mais surtout les fidéliser. On pense donc qualité de vie au travail et, de ce fait, attractivité. Toutefois, la semaine de 4 jours ne doit pas uniquement être un argument commercial ou de communication. Elle doit être mise en place avec de vraies convictions et s’appuyer sur une marque employeur forte. Manager et RH auront ainsi tout intérêt à se former pour en assurer le développement. La productivité ne doit pas être le seul mot d’ordre.

Vers plus d’embauches ?

Pendant longtemps, la semaine de 4 jours a eu pour ambition de favoriser l’augmentation des embauches et, donc, d’apporter un emploi à tous. Si cela a parfois fonctionné par le passé, cela nécessite souvent de dégager des fonds importants. Pour une entreprise ne souffrant pas de la crise, cela peut néanmoins représenter une opportunité de soulager sa masse salariale, lui offrant ainsi un juste répit. De fait, la charge de travail n’a cessé d’augmenter au fil des ans, générant du stress et la montée en flèche de burn-out. Il sera sans doute intéressant de regarder du côté des expérimentations espagnoles à venir. En effet, 50 millions d’euros vont y être consacrés, pendant trois ans, à 200 entreprises volontaires pour la mise en place de ce dispositif. L’occasion pour ces dernières de faire face à l’augmentation des coûts salariaux.

Les limites du modèle

Malgré ces aspects positifs, les entreprises manquent très souvent de recul sur le sujet. Elles doivent, au contraire, en connaître les inconvénients avant de se lancer.

Certaines organisations ne pourront pas en bénéficier

Bientôt tous à la semaine de 4 jours ? Malheureusement, il semble que cela ne soit pas adapté à tous les secteurs d’activité. Ainsi, si la réorganisation du temps de travail peut être facile dans le tertiaire et les services, ce n’est pas le cas pour l’industrie, le BTP ou encore les services de nettoyage. Et cela pour de multiples facteurs propres aux métiers. Certains préfèrent alors très souvent travailler davantage pour bénéficier des heures supplémentaires et augmenter leur salaire. Pour d’autres, le manque de main-d’œuvre est une véritable problématique et nuit à toute possibilité de diminution du temps de travail.

Vers plus de stress avec la semaine de 4 jours ?

Anne Eydoux, maîtresse de conférences en économie au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), met en garde contre les difficultés que pourrait créer ce système pour les salariés. Ceux-ci pourraient, en effet, se sentir davantage sous pression car poussés à fournir la même quantité de travail dans un laps de temps plus court. Pour elle, sans embauche, la semaine de 4 jours pourrait entraîner plus de stress au quotidien. L’enjeu sera, dès lors, d’avoir une organisation personnelle irréprochable et de permettre aux salariés de se former sur ce volet. Les formations telles que Optimiser son efficacité professionnelle ou encore Optimiser sa gestion du temps et son organisation personnelle seront alors très intéressantes à proposer.

L’absence de mode d’emploi

Nous avons aujourd’hui plusieurs exemples de réussite pour la mise en place de la semaine de 4 jours. Pourtant, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Le modèle a longuement été étudié en amont et a fait l’objet de calculs et souvent d’un accompagnement poussé. De fait, il n’existe pas actuellement de feuille de route type qui pourrait s’adapter à toutes les entreprises. Il faudra également envisager les coûts que cela va représenter et s’assurer de la pérennité son activité.

Ainsi, si la semaine de 4 jours a tout pour plaire, elle nécessite une certaine préparation. Les entreprises qui se lanceront dans l’aventure bénéficieront néanmoins de nombreux avantages. Vous souhaitez l’expérimenter ? Vous avez désormais toutes les clés pour le faire. Gardez toujours, cependant, en tête la notion de flexibilité dans votre approche.

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