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Syndrome de l’imposteur, bullshit jobs… Quand la crise nous pousse à nous réinventer

Syndrome de l’imposteur, bullshit jobs… Tant de concepts qui ont émergé au cours des dernières années. Ils seraient la démonstration d’une génération d’actifs qui ne se reconnaîtrait pas dans leur emploi. Toujours en quête de sens, les salariés français tendent à être de plus en plus confrontés à cette expérience. C’est particulièrement le cas en temps de crise économique et sanitaire. En effet, il s’agit d’une période de choix pour questionner son parcours professionnel. Alors, à quoi correspondent exactement ces concepts ? Comment surmonter ces remises en question ? Quels sont les outils à votre disposition pour vous sentir épanoui professionnellement ? On vous dit tout.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Théorisé en 1978 par deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Ament Imes, le syndrome de l’imposteur est défini en 3 points : 

  • L’incapacité de s’attribuer une réussite
  • Le sentiment d’être surévalué par son entourage 
  • La crainte que son “vrai soi” soit révélé

Pour être considérée comme relevant du syndrome de l’imposteur, une situation doit remplir tous ces 3 critères. Il ne s’agit donc pas d’une maladie, ni d’un simple manque d’estime de soi, mais bien d’une mauvaise perception de la réalité. Ainsi un sujet créerait sa propre réalité en se dévalorisant, pensant mentir à son entourage sur ses capacités. Ce qui a des conséquences néfastes sur le bien-être et la qualité de vie de cette personne. 

C’est une situation à prendre au sérieux, puisqu’elle est plus répandue que l’on ne le croit. En effet, 20% de la population serait touchée par cette expérience, souvent douloureuse (Kevin Chassangre et Stacey Callahanet, 2017). 

Bien sûr, le développement du syndrome de l’imposteur chez l’adulte est fortement lié aux expériences personnelles de chacun, pendant l’enfance notamment. C’est le cas lorsqu’il existe dans l’enfance un décalage important entre le regard de l’école et celui de la famille sur les performances de l’enfant, par exemple. Dès lors, en grandissant, il sera difficile pour la personne de s’évaluer de façon objective. 

Au-delà des expériences personnelles, le syndrome de l’imposteur gagne du terrain. Et de nombreux actifs en souffrent aujourd’hui. Le développement de ce syndrome est alors intimement lié au travail et à l’environnement professionnel des sujets. En effet, on peut aisément imaginer la facilité que peuvent avoir des personnes à développer ce syndrome lorsqu’elles ne se sentent pas légitimes à leur poste. Avec les difficultés liées à la crise que nous traversons, cette remise en question de notre place sur le marché de l’emploi tend à se développer. 

Ce syndrome s’inscrit dans une tendance plus globale, et d’autres concepts émanent de ce sentiment d’illégitimité. C’est le cas des bullshit jobs

L’émergence du concept de Bullshit jobs

Cette fois théorisé par un anthropologue américain, les Bullshit jobs, ont été mis sous le feu des projecteurs ces dernières années. C’est dans un article (“Le phénomène des jobs à la con”) publié en 2013 dans le magazine Strike! que les français se sont familiarisés pour la première fois avec ce terme. Le concept sera ensuite creusé, jusqu’à la parution d’un livre sur le sujet en 2018.

A l’époque, cet article a fait beaucoup de bruit. Et pour cause, de nombreuses personnes s’y sont identifiées ! Selon l’auteur, un bullshit job serait un emploi rémunéré qui serait considéré comme inutile, voire néfaste, par le salarié qui ne parviendrait pas à justifier sa place au sein de l’entreprise. 

Selon la typologie de David Graeber, les bullshit jobs entreraient dans 5 catégories : 

  • Les “larbins” : ce sont les postes qui serviraient uniquement à un autre salarié de paraître ou de se sentir important.
  • Les “porte-flingue” : cette métaphore humoristique désigne les postes créés dans une optique agressive. Ce serait donc le moyen pour une entreprise de justifier son importance par le grand nombre de postes dans tel ou tel domaine. 
  • Les “rafistoleurs” : les emplois désignés ici sont ceux ayant vocation à réparer les anomalies ou autres problèmes auxquels serait confrontée une entreprise. 
  • Les “cocheurs de cases” : à l’instar de la “réunionite” ou du présentéisme souvent dénoncé, ces emplois serviraient uniquement à une entreprise ou une organisation de prétendre faire une chose qu’elle ne fait pas en réalité. 
  • Les “petits chefs” :  cette dernière catégorie de bullshit jobs est également la plus connue. Il s’agit de l’extrême inverse des “larbins” puisque ces postes seraient uniquement destinés à assigner ou déléguer des tâches à la première catégorie. 

Très développé dans le secteur tertiaire, les bullshit jobs ne sont pas une réalité absolue. Mais tout comme le syndrome de l’imposteur c’est un mal-être que peuvent ressentir les salariés d’aujourd’hui, peinant à justifier de leur place dans leur entreprise.

Le mal du siècle, vraiment ?

Si les deux concepts sont à distinguer, ils sont caractéristiques du monde de l’emploi aujourd’hui.

En effet, à une époque où le secteur tertiaire est largement majoritaire, la prolifération de postes que l’on peine à définir est en pleine expansion. Et de nombreux actifs ressentent ce mal-être aujourd’hui, peu importe le secteur d’activité. 

“Même nous, les chercheurs, on passe plus de temps à remplir des formulaires, à se conformer à des procédures, à s’envoyer des e-mails dans tous les sens pour prendre des décisions, qu’à vraiment faire de la recherche”

 


Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS pour Le Monde (2016)

On peut également expliquer le phénomène par la bureaucratisation du monde de l’entreprise, fortement accélérée ces dernières décennies. Cette bureaucratisation est notamment liée à l’augmentation des normes et l’extension du micro-management. 

Ainsi, dans le contexte de crise actuelle, les normes (sanitaires, etc.) sont en voie de se multiplier plus encore. Assisterons-nous à l’apogée de ce concept ? 

Tout n’est pas si noir, et cette tendance n’est pas irréversible ! Il existe de nombreuses façons de s’épanouir au travail et de regagner confiance en soi 🙂 Alors, comment lutter contre les bullshit jobs et le syndrome de l’imposteur ? Quels sont les leviers à activer pour se sentir bien dans sa vie professionnelle ? Quelles sont les astuces pour trouver du sens à son parcours ? 

Nos conseils pour être épanoui et se sentir utile professionnellement

1. Lister et se revaloriser ses réussites

Dans le cas du syndrome de l’imposteur, le sujet tend à minimiser ses réussites, voire à les occulter complètement. Si c’est votre cas, et que vous souhaitez retrouver confiance en vous, vous pouvez commencer par lister vos succès. Pour cela, il vous suffit de vous munir d’un crayon et d’une feuille de papier. Notez-y vos dernières réussites, et tentez de les « objectiviser ».

Pour simplifier l’opération, vous pouvez les dresser sous forme de tableau. La première colonne sera consacrée aux situations de réussite ou de succès que vous avez rencontré (nouveau contrat, promotion, etc.). La seconde colonne sera destinée à la cause que vous aurez naturellement associé à cette réussite (erreur, hasard, coup de chance, etc.). Enfin, la troisième colonne sera celle dans laquelle vous tenterez d’analyser les causes réelles du succès. Il s’agira de voir ce dernier de façon objective :  “j’ai réussi car j’ai beaucoup travaillé”, “car j’ai les compétences nécessaires”, “car j’ai de l’expérience dans ce domaine”, etc. 

Cet exercice vous permettra de réduire le décalage entre la réalité et la perception subjective que vous avez de vos réussites. Ce sera également l’occasion de booster vos pensées positives. Vous améliorerez ainsi votre estime de vous, votre moral et votre productivité 🙂

2. S’organiser avec des To-do lists

Qu’il s’agisse des Bullshit jobs et des multitudes de petites tâches qu’ils impliquent, ou du syndrome de l’imposteur qui pousse à travailler plus que de raison pour justifier de ses compétences (“overdoing”), on peut facilement se laisser déborder. 

Le meilleur conseil dans cette situation est la traditionnelle To-do list. Celle-ci vous permet de lister vos tâches, quotidiennes ou hebdomadaires, en fonction de vos objectifs. Cette liste facilite la hiérarchisation de ces tâches en fonction de leur importance.

Pour aller plus loin, vous pouvez personnaliser votre to-do list en attribuant des critères de réussite à chacune des tâches qu’elle comporte. Ainsi, dès que vous remplissez un de ces critères, vous pourrez considérer la tâche correspondante comme terminée. Par exemple, si votre tâche est une activité de veille, l’objectif de réussite associé pourrait être le suivant : “j’ai informé l’ensemble de l’équipe de l’actualité sur tel sujet”.

En plus de vous rassurer en cochant des objectifs clairs et réalisables, cette liste boostera votre confiance en vous.

3. Prouver sa valeur

La course pour arriver à votre poste a pu être fastidieuse, et pourtant vous l’avez décroché ! Pour cela, vous avez dû montrer vos meilleurs atouts au recruteur, et il a été convaincu. Pourtant, une fois en poste, vous avez peur de vous être surestimé ? De vous faire démasquer en tant qu’imposteur ? Le poste ne correspond d’ailleurs pas à ce que vous aviez imaginé ? 

Pas de panique ! Il faut déjà relativiser ces pensées parasites. Si vous êtes là, c’est que vous le méritez. Aussi, sachez qu’un employeur mécontent le fera facilement savoir. En revanche, si vous correspondez à ses attentes il ne prendra peut-être pas la peine de vous féliciter, mais il n’en pense pas moins. Continuez donc à donner le meilleur de vous-même, ce qui a séduit lors du recrutement, sans tomber dans l’overdoing 😉 

En évoluant dans votre poste, il se peut que vos tâches changent également, sans que vous y soyez préparé. Dans ce cas, pourquoi ne pas penser à une remise à niveau ? Sachez qu’en tant qu’actif, vous pouvez mobiliser votre CPF à tout moment de votre carrière ! De nombreuses formations existent pour vous former à de nouvelles pratiques. Qu’il s’agisse des techniques de management, de l’utilisation de nouveaux outils de marketing digitaux, etc. vous trouverez de quoi regagner votre assurance. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à contacter nos conseillers experts en financement et formation. 

4. Penser positif et réussite

Parfois, le syndrome de l’imposteur aura pour effet de paralyser le sujet. Par peur de l’échec, un salarié peut se sentir fortement stressé et anxieux. Cela aura alors une incidence négative sur son efficacité. Si c’est votre cas, vous devrez travailler à vous détacher de cette peur de ne pas être à la hauteur. Heureusement, il existe un petit exercice simple pour booster sa positivité 🙂

L’idée est de changer de paradigme pour appréhender les évènements ou épreuves à venir sur un mode positif. Si, par exemple, vous organisez une réunion importante et que la tension commence à monter, essayez de transformer ce stress en élan positif. Et cela commence par votre façon de penser ou de vous exprimer par rapport à cet évènement. Plutôt que de vous dire “j’ai peur de ne pas y arriver”, pensez plutôt “je vais tout faire pour réussir”. N’hésitez pas à vous le répéter à haute voix. Au fur et à mesure, vos pensées négatives seront remplacées et vous envisagerez votre quotidien sous le prisme du succès. Par ailleurs, d’autres techniques peuvent être acquises via la formation pour mieux gérer vos émotions, le stress, ainsi que les situations de conflit en entreprise. N’hésitez pas à sauter le pas pour vous sentir mieux dans votre poste au quotidien !

Si vous ne connaissiez pas ces concepts, vous savez maintenant que bien que répandus, ils sont loin d’être insurmontables ! Alors, appliquez nos conseils, pensez à vous remettre à niveau régulièrement, et abordez vos journées positivement… 🙂

Sources

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