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Remise en question professionnelle : un phénomène propre aux trentenaires ?

La question de la remise en question professionnelle est-elle l’apanage des trentenaires ? C’est ce que l’on a longtemps pensé avec la fameuse « crise de la trentaine ». De fait, c’est la génération Y qui, dès l’âge de 30 ans, a expérimenté ces premières interrogations carriéristes. Pourtant, aujourd’hui, l’évolution de nos sociétés et des modes de travail touche toutes les générations. La pandémie et la prise de conscience de la crise environnementale ont, quant à elles, renforcé cette problématique, entraînant des envies de changement plus importantes. Mais alors, ces questionnements sont-ils symptomatiques d’un âge, d’un contexte ou de différents facteurs ? Et quel remède face à cette crise professionnelle ? Nous vous accompagnons dans cette réflexion sur le monde du travail actuel.

Remise en question professionnelle : quand les trentenaires sont précurseurs

Ah la trentaine et sa crise existentielle ! On ne la présente plus tant elle a été dépeinte dans de nombreux articles et études. Cette tranche d’âge aurait ainsi davantage tendance à expérimenter l’errance professionnelle. Des questionnements qui compliquent la vie des personnes concernées tout comme celle des entreprises dans lesquelles elles travaillent. Et, pourtant, il existe bien une crise de la quarantaine, ou de la cinquantaine, sans parler de celle des 25 ans (dite quart de siècle). Alors qu’en est-il réellement ? Les trentenaires sont-ils plus prompts à la remise en question professionnelle ?

Comprendre la fameuse crise de la trentaine dans le milieu professionnel

À la lecture des différents écrits sur le sujet, les trentenaires apparaissent comme des êtres singuliers en proie à bien des tourments sur le plan existentiel. Des questionnements qui seraient propres à cette génération. Penchons-nous sur les raisons invoquées.

Une question d’âge : fini la découverte, place aux exigences

Le trentenaire n’a plus 25 ans. Fini les étoiles dans les yeux lors de l’arrivée sur le marché du travail ! Fini aussi le besoin de faire ses preuves et de plaire à ses supérieurs hiérarchiques. Plus rien n’est nouveau, c’est la routine qui s’installe. Désabusé le trentenaire ? C’est ce que laissent entendre la plupart des spécialistes du sujet. Mais attention, ce n’est pas uniquement la fin des rêves et/ou des illusions. Ce serait également un moment décisif dans la vie d’un adulte.

En effet, selon Myriam Diougoan Blanch, coach et consultante, membre du réseau Cap Cohérence, experte en reconversion professionnelle :

C’est aussi le moment où l’on n’est plus un ado, où l’on commence à entrer dans une autre phase de la vie. On a envie de construire une relation plus durable, de penser aux enfants, une maturité s’installe. Et donc les attentes changent, évoluent. On commence à se poser certaines questions de sens.

Interview de Myriam Diougoan Blanch pour tf1info.fr

L’âge de raison ? Peut-être ! En tout cas, l’âge où l’on a déjà vécu ses premiers échecs et où l’on a appris de ses erreurs. Au travail, il est donc courant de voir se manifester un ennui ou des exigences plus importantes. Mais c’est aussi, pour certains, l’heure du bilan.

On fait le bilan, calmement…

Lorsqu’on commence sa carrière et ses entretiens de recrutement, la question « et où vous imaginez-vous dans 10 ans ? » peut laisser perplexe. Pourtant, il est naturel de se faire une représentation de ce que sera votre vie dans quelques années. Vous avez sans doute des envies. Vous pouvez aussi, tout simplement, vous être fait une idée de ce que devrait être votre vie à ce moment précis. Cette dernière se construit très souvent avec les standards qui nous ont été inculqués.

Ainsi, lorsque vient le moment de faire le bilan, le décalage entre espérance et réalité peut entraîner bien des questionnements. Comment en êtes-vous arrivé là ? Pourquoi n’avez-vous pas, enfin, atteint le poste tant escompté ? Pourquoi vos amis sont-ils déjà les heureux détenteurs d’une famille et d’un bien immobilier alors que vous êtes toujours célibataire dans votre petit studio en plein centre ? Car, dans cette crise de la trentaine, comparer sa vie à celles des autres ou à nos espérances peut bien souvent poser un problème. Pourtant, il est humain de vouloir coller à certaines normes que nous impose la société actuelle.

Quand on arrive à la trentaine, le décalage entre espérances et réalité dans le milieu professionnel peut entraîner bien des questionnements.

Les réseaux sociaux et les success stories viennent d’ailleurs renforcer ce sentiment d’échec ou de manque d’aboutissement à cet instant T de notre existence. Néanmoins, nous n’avons pas tous grandi avec les mêmes référentiels ni exigences. Et nous ne serons ainsi pas tous affectés de la même manière par cette « crise ».

Une question de culture et de vécu

Vos parents ont tout fait pour que vous fassiez de grandes études et ont eu de grandes espérances pour vous ? Il y a fort à parier que vous serez également plus exigeant avec vous-même lorsque vous porterez un œil sur votre vie de trentenaire. En effet, les exigences liées à leurs attentes ont été profondément intégrées et ancrées en vous. Ce n’est pas forcément le cas de ceux pour qui ces dernières ont été moindres. Leur vision de la réussite sera très souvent moins imposante et plus flexible. Peut-être même ne seront-ils pas touchés par cette remise en question professionnelle des trentenaires.

Une fois ces facteurs posés, il est essentiel de poser un regard critique sur le monde du travail dans lequel nous évoluons actuellement. N’est-il pas en grande partie responsable de ces interrogations ?

Et si c’était une question d’époque ?

La remise en question professionnelle est un phénomène finalement assez récent. On peut la situer avec l’arrivée de la génération Y sur le marché du travail. Née entre 1980 et 2000, celle-ci est la première à avoir expérimenté ce qu’on appelle la « quête de sens au travail ». Nous vous en parlions justement dans notre article « Comment donner du sens à sa carrière en 2022 ? » avec l’infographie réalisée en 2017 par Yatedo.

Il est important de bien connaitre les aspirations des générations Y et Z pour bien les recruter. Ils ont notamment besoin que l'on réponde à leur envie de donner un véritable sens à leur travail.
Capture d’écran d’une infographie du moteur de recherche Yatedo

Cette préoccupation fait, en effet, partie du top de leurs priorités actuelles. Tout comme la recherche d’équilibre vie privée/vie professionnelle. De même, selon un article de slate.fr publié récemment :

Les jeunes adultes font face à la réalité du monde laissé par leurs ancêtres et en mesurent les influences négatives sur leur santé, leur bien-être et la planète.

Article de Slate.fr « L’errance professionnelle des trentenaires est le fruit de notre époque »

Les réussites personnelles et professionnelles des baby-boomers ne sont plus les leurs, même s’ils en sont les héritiers. Ils se retrouvent alors face à des valeurs qui leur ont été transmises, mais qui ne correspondent pas à leur réalité. Travailler pour survivre ? Oui, mais à condition d’y ajouter l’épanouissement personnel. Le bonheur fait donc partie intégrante de leur vision du travail. De plus, certains trentenaires de cette génération ont choisi leur voie dans un monde du travail bien différent de l’actuel. Un monde où le digital et les réseaux sociaux étaient moins présents. Dès lors, il est normal d’éprouver un certain décalage, ceci aussi bien avec les générations précédentes que celles qui arrivent.

Pourtant, devons-nous rappeler que les crises interviennent à tous les âges ? Si 30 ans marque l’entrée dans la vie d’adulte, il existe d’autres moments charnières dans notre vie.

À chaque âge sa crise professionnelle

Les trentenaires sont loin d’être les seuls concernés par les remises en question professionnelles. Il existe bien d’autres tournants dans une carrière.

25 ans : l’entrée dans la vie active

Les questionnements débutent très tôt. À 25 ans, l’âge moyen de l’arrivée sur le marché de l’emploi, les jeunes sont souvent confrontés à une réalité complexe. C’est le temps de la fin des illusions, des échecs. Certains, grisés par cette première expérience professionnelle, se donneront à fond au risque d’y laisser quelques plumes. D’autres encore seront submergés par le poids de ces nouvelles responsabilités. Enfin, il y a ceux qui préféreront rester sur les bancs de l’école pour repousser l’inévitable. Ces premiers moments dans la vie active sont essentiels puisqu’ils construisent le parcours de la personne et ses choix d’orientation.

40 ans : l’âge de la solitude et des responsabilités

La crise de la quarantaine peut être bien plus violente que celle de la trentaine. Et cela aussi bien personnellement que professionnellement. Avec plusieurs années de carrière derrière soi, c’est souvent le moment d’évoluer. Quelques-uns accéderont à des postes stratégiques ou du moins à de nouvelles responsabilités. Ces dernières seront loin d’être de tout repos et l’isoleront parfois. Difficile d’être aimé quand on est le chef. Ils feront face à de nouveaux modes de management auxquels ils ne seront pas habitués. Les remises en question seront dures et teintées de craintes : celle du licenciement, mais également celle de l’approche de la cinquantaine.

50 ans : le décalage générationnel

À 50 ans, en particulier actuellement avec l’arrivée du digital, il n’est pas rare de se sentir en décalage avec la nouvelle génération. Celle-ci, rompue à l’exercice des réseaux sociaux et formée sur bien des aspects, arrive glorieuse sur le marché de l’emploi. Bien que l’expérience soit souvent revendiquée comme un atout par les cinquantenaires, elle peut creuser des écarts encore plus importants. Il faudra accepter d’évoluer pour rester dans la course. Ou passer le cap de créer sa propre entreprise.

À 50 ans, en particulier actuellement avec l'arrivée du digital, il n'est pas rare de se sentir en décalage avec la nouvelle génération.

60 ans : accepter la fin d’une carrière

L’âge de la retraite est, pour beaucoup, considéré comme particulièrement complexe. Si quelques-uns se verront offrir un joli parachute doré, d’autres se sentiront lésés de perdre ce qui rythmait leur quotidien. Des questionnements apparaissent aussi sur le sens de la vie, adjoint à des problèmes de santé. Une crise qui peut conduire à bien des tourments.

Remise en question professionnelle des trentenaires : crise et formation

Nous l’avons vu, la remise en question professionnelle est souvent liée au contexte. Et, pour les trentenaires, les crises (COVID et environnementale) sont passées par là. Elles jouent également un rôle dans ce ressenti global, en particulier pour toute cette génération soumise à bien des épreuves. Décryptage et solution.

Les trentenaires nouvellement diplômés et la crise

Selon l’enquête « Et maintenant » réalisée par Monique Dagnaud, Directrice de recherche au CNRS, ces crises ont eu un impact professionnel important sur la génération Y. En effet, 32 % de ses membres disent avoir abandonné leurs projets professionnels. 24 % ont changé de cadre de vie (sans doute avec le télétravail) et 10 % ont perdu tous leurs repères. Face à une situation instable et inédite, le besoin de sens au travail s’est accentué, tout comme celui du bien-être ou encore les envies de création d’entreprise.

Pourtant, la réalité du marché de l’emploi crée un véritable décalage avec ces envies. Difficile de trouver un emploi digne de ses aspirations quand certaines entreprises n’ont pas encore évolué sur ces aspects. Le marché de l’emploi étant aussi plus tendu sur certains secteurs, tous ne pourront pas obtenir le poste tant escompté. Il peut être également compliqué d’accéder à des emplois qui évoluent rapidement et pour lesquels les compétences manquent bien souvent.

La formation : un remède à la remise en question professionnelle des trentenaires ?

Et si la formation était la seule solution pour trouver un emploi en phase avec ses attentes ? L’obsolescence des compétences n’est pas une fatalité et peut être combattue grâce au développement des compétences. Se former permet également de réinventer son poste actuel en n’ayant pas immédiatement recours à la reconversion professionnelle. Digital, télétravail, management, il est possible de faire doucement évoluer les choses et les pratiques grâce à l’acquisition de nouvelles cordes à son arc. Nous vous invitons donc à consulter notre catalogue qui vous permettra d’ouvrir rapidement vos horizons. Envisager de réaliser un bilan de compétences peut par ailleurs être un bon moyen pour explorer de nouvelles perspectives de carrière !

Pour conclure : la remise en question professionnelle des trentenaires est contextuelle

Vous avez la trentaine et vous souhaitez vous reconvertir ? Comme beaucoup de personnes de cette génération. Bien que les questionnements professionnels ne soient pas propres à cette dernière, la crise a contribué au renforcement de cette problématique. C’est donc le moment de réfléchir et de faire les bons choix. La formation s’impose bien souvent comme le meilleur. Alors, n’hésitez pas à consulter l’un de nos conseillers pour qu’il vous aide à trouver des solutions. Prenez également du recul : ces interrogations sont bien légitimes et surviennent à tout âge. Il est important de les remettre dans leur contexte pour mieux les appréhender et avancer !

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