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Quel avenir pour le travail en open space après la crise sanitaire ?

Open space et cowering : des lieux dépassés ?

La crise sanitaire a mis en lumière que le télétravail était une forme d’organisation qui pouvait convenir à de nombreuses entreprises. La question qui se pose désormais est de savoir s’il va enterrer le coworking et l’open space.

Il y a quelques semaines, l’économiste et essayiste Nicolas Bouzou annonçait le déclin progressif de l’open space, accéléré par le Covid-19. L’expérience du travail à la maison a amené de nombreux professionnels à repenser leur rapport au travail et la possibilité de travailler en distance, notamment à la campagne, afin de profiter d’un cadre de vie plus agréable et de plus de confort que dans les grandes villes.

En parallèle et depuis quelques années, certaines start-up du web et/ou du logiciel ont montré qu’une entreprise avec des collaborateurs travaillant en remote pouvait tout à fait fonctionner, se développer et être valorisée plusieurs millions de dollars. Se dirige-ton alors vers une société majoritairement en télétravail ?

Le télétravail, la nouvelle norme après le Covid-19 ?

Un moyen de réduire les coûts pour les entreprises

Dans certains secteurs en difficulté, on pense notamment au secteur de l’automobile, certaines mesures commencent déjà à être mises en place pour faire des économies. Une des premières « tentations » sera de réduire la surface des bureaux et de faire travailler les cadres à distance. Une opération rendue possible aux yeux des décideurs suite à la crise du Covid-19 qui a montré que le télétravail fonctionnait et que de nombreux métiers ne nécessitaient pas une présence constante dans les locaux.

Ce télétravail massif réalisé pendant la crise du Coronavirus a mis en lumière de nombreux avantages pour les entreprises : financiers, immobiliers, humains, et des salariés qui sont aussi plus productifs. De plus, les tensions collectives et relationnelles, qui sont un des principaux enjeux des ressources humaines en entreprise, diminue fortement avec le télétravail.

Pour les collaborateurs, le télétravail séduit également. Davantage de flexibilité dans les horaires de travail, plus d’autonomie, une réduction des temps de transports, la réduction es nuisances sonores présentes dans l’entreprise, une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée ou encore une meilleure efficacité dans les tâches professionnelles.

La crise sanitaire ayant obligé de nombreux salariés à évoluer en télétravail, les dirigeants d’entreprise se sont aperçus de ses avantages. Au point parfois de réfléchir à en faire la nouvelle norme en lieu et place de l’open space tant plébiscité dans les années 2000.

Les limites du télétravail

Pourtant, certains professionnels n’ont pas spécialement bien vécu cette période et ont montré des signes de difficultés managériales, matérielles et psychologiques, à cause notamment de l’isolement.

Souvenons-nous qu’en 2017, IBM qui pratiquait le télétravail avait demandé à ses travailleurs à distance, qui représentaient à l’époque 40% des collaborateurs américains, de revenir dans les locaux de l’entreprise. À l’époque la valeur de l’employé IBM, calculée en divisant le bénéfice par le nombre d’employés, avait tout simplement chuté à 193 000 dollars tandis qu’Apple affichait 1,8 million de dollars et Facebook 1,6 million. Qu’est-ce qui n’avait pas fonctionné ? Les salariés d’IBM étaient tout simplement moins enthousiastes, moins créatifs et donc moins rentables.

Pascal Grémiaux, chef d’entreprise toulousain, voit de son côté des avantages pour l’entreprise et les salariés mais aussi certaines limites qu’il ne faut pas occulter : « Le télétravail a un bénéfice immédiat, il permet de gagner du temps avec les transports. Mais j’attire l’attention sur une forme de surréaction par rapport à la crise sanitaire. N’en tirons pas des conclusions trop hâtives. Ce n’est pas la solution à tous les maux de la terre ! Selon moi, cette période ne peut pas être prise comme référence. Le télétravail a été contraint, nous n’avions pas le choix, il fallait s’adapter ». Le président et fondateur d’Eurécia, une entreprise spécialisée dans le domaine de l’édition de logiciels pour les ressources humaines, cite une étude réalisée par Malakoff Humanis. Cette dernière a mis en avant 30% des télétravailleurs considèrent que leur santé psychologique s’est dégradée tandis que 28% estiment que leur charge mentale a augmenté suite à la généralisation du travail à domicile. Des chiffres que certaines entreprises préfèrent ignorer, ainsi que leurs conséquences : tensions, stress, burn-out, baisse de motivation et charge cognitive importante. 

Faut-il voir dans les signes cités précédemment (difficultés managériales, matérielles et psychologiques) le fait que le télétravail post-coronavirus est voué à suivre le même chemin qu’IBM ? Attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives : le travail à distance tel que nous l’avons vécu découlait d’une situation exceptionnelle à laquelle personne n’était préparée. Ainsi, de nombreux salariés ont pratiqué le télétravail 100% du temps et sans période de transition, rompant ainsi brusquement avec leurs habitudes de travail. Ce changement de situation radical a une influence négative sur l’équilibre des salariés, rappelant qu’une modification des méthodes de travail doit se faire sur la durée et en accord avec toutes les parties concernées. De plus, la culture managériale doit aussi évoluer pour donner davantage d’autonomie aux salariés.

Le télétravail va-t-il vider les open space ?

Des solutions alternatives à l’open space… et au télétravail

Comme dans toute évolution, il y a toujours des risques liés à des comportements extrêmes. Dans le cas du télétravail, ce serait le fait que des entreprises possédant déjà des locaux souhaitent à tout prix diminuer les coûts en l’imposant à ses salariés, au risque de rompre la dynamique de travail et le lien social existant. L’idéal serait alors des formes hybrides, avec par exemple une partie des salariés en télétravail et l’autre en présentiel. Autre solution, des entreprises où les salariés sont pourraient travailler une partie de la semaine à distance.

Une autre alternative serait d’investir dans des bureaux individuels proches de la maison, comme ont commencé à le faire le Groupe LF Immobilier. L’entreprise permet en effet à ses salariés de travailler dans un bureau privatif situé à moins de 5 kilomètres de chez eux. On est donc sur une solution moins coûteuse que de la location de bureaux au cœur des grandes agglomérations, avec aussi l’avantage de ne pas avoir à chercher des superficies importantes pour respecter la distanciation sociale. Pour le salarié, disposer d’un bureau proche de chez lui permet d’aller au travail à vélo et ainsi de diminuer le stress et les coûts de transport tout en ayant un moindre impact carbone.

Dans ces (nouvelles) solutions alternatives, qu’en est-il de l’open space qui concerne environ 20 % des salariés français ? Alors que ce mode d’organisation interne semblait être la solution idéale pour développer une dynamique de groupe et augmenter la productivité, certaines voix s’élevaient pour souligner ses inconvénients : bruit, stress, fatigue, sensation de surveillance, privation d’intimité. Une fois de plus, ce qui semblait être la solution miracle se voyait au final accusée de tous les maux. La distanciation sociale au sortir de la crise faisait également de l’open space le grand perdant dans la course à la meilleure organisation du travail.

L’open space n’est pourtant pas forcément mort, il peut simplement être modifié, amélioré (toujours ce principe de ne pas tomber dans les extrêmes) en effectuant un petit bond dans le temps avec le retour du « cubicle » aussi appelé « bureau à cloisons ». Très utilisé à une époque pas si lointaine, il s’agit d’un petit box fermé sur deux ou trois côtés qui permet de s’isoler lorsqu’on est assis mais aussi de profiter d’une vue d’ensemble lorsqu’on se lève. Une agence immobilière expliquait ainsi à Wired qu’on risquait de voir beaucoup de plexiglas dans les mois à venir.

Se dirige-t-on vers un open space un peu moins… ouvert ? Le véritable objectif de cet agencement était avant tout économique : avec l’augmentation des loyers de bureau et la nécessité de faire rentrer toujours plus de salariés, le nombre mètres carré par salarié est passé de 20 à 7 en quelques années.

Encore une fois, la tentation de remplacer l’open space par le télétravail est grande. Mais certains spécialistes comme Fanny Lederlin, autrice de l’essai Les Dépossédés de l’open space (Puf, 2020), nous incitent à prendre du recul. « Du matin au soir, ça n’arrête pas : le télétravail envahit l’espace et le temps de nos vies confinées, au rythme des appels téléphoniques et des réunions à distance. L’open space est entré dans les domiciles » avec le risque que « plus personne ne soit capable de faire autre chose que travailler » déclare-t-elle dans Libération.

Freelance dans un espace de coworking
Le coworking ou comment se sentir (un peu trop) comme chez soi

Le coworking, le lien social du travailleur indépendant

Alors que l’open space est amené à évoluer, que va-t-il advenir du coworking ? Ces dernières années, de nombreux lieux se sont ouverts afin de permettre aux travailleurs indépendants de contrer l’isolement et de retrouver une certaine convivialité professionnelle. Malheureusement, ces espaces n’ont pas été épargnés par la crise du Covid-19 et se sont ainsi vidés, au point eux aussi de revoir leur modèle ?

La situation rejoint celle des salariés en télétravail. Le besoin d’être ensemble se fait ressentir au bout d’un moment, d’autant plus après cette période de confinement. De nombreux travailleurs indépendants souhaitent ainsi conserver un lien avec les autres coworkers et partager des instants conviviaux.

Savoir si le Covid-19 aura un impact sur les lieux de coworking est encore difficile à évaluer… Cela dépendra évidemment de la gravité et de la longueur de la crise économique. Il y aura malheureusement des start-ups en faillite, des indépendants qui arrêteront leur activité et donc des clients en moins pour ces espaces. Cependant, chaque crise amenant de nouvelles activités, d’autres travailleurs indépendants et jeunes entreprises devraient émerger et ainsi venir prendre place dans ces bureaux. De plus, il existera toujours des consultants qui souhaiteront se lancer en indépendant et profiter de bureaux partagés.

Enfin, on peut faire un lien avec le télétravail. Comme expliqué plus haut, certaines entreprises envisagent de réduire leurs espaces de bureaux, notamment dans les grandes villes, et pourraient louer des espaces de coworking en complément pour accueillir leurs salariés, surtout en périphérie des grandes villes.

La crise sanitaire devrait au final avoir un impact positif sur le coworking, dont le mode de fonctionnement demeure assez souple. Une qualité qui s’avère essentielle pour triompher de cette crise sanitaire !


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