Management des Hommes

Comment assurer des vacances sans stress pour vos équipes ?

Droit à la déconnexion : comment aider les salariés à déconnecter du travail durant leurs congés ?

En France, la déconnexion des salariés est un droit… Qu’il n’est pas si simple d’appliquer, en réalité. En effet, de nombreuses entreprises constatent que leurs salariés ont du mal à « décrocher » complètement du travail durant leurs jours de repos. Y compris durant les sacro-saintes vacances d’été, pourtant attendues avec le plus vif enthousiasme en général. Un phénomène d’ailleurs également souligné par les résultats de l’étude Hays 2026… Comment l’expliquer ? Et surtout, comment favoriser concrètement la déconnexion des salariés durant leurs vacances ? On répond à toutes vos questions dans notre article !

Les points clés de cet article


  • Le droit à la déconnexion permet aux salariés de ne pas répondre aux sollicitations professionnelles en dehors de leur temps de travail, notamment pendant leurs congés ;

  • Le droit à la déconnexion relève de la prévention des risques psychosociaux : il contribue notamment à prévenir les risques de burnout ;

  • En 2026, seulement 43 % des salariés interrogés par Hays déclarent parvenir à complètement déconnecter pendant leurs vacances ;

  • Les entreprises doivent mettre en place des règles claires pour favoriser la déconnexion et prévenir les risques liés à l’hyperconnexion ;

  • Les managers jouent un rôle essentiel dans la culture de déconnexion : ils doivent montrer l’exemple à leurs collaborateurs en respectant eux-mêmes le droit à la déconnexion ;

  • Sensibilisation, formation, organisation des absences et bonnes pratiques managériales sont autant de leviers pour favoriser concrètement la déconnexion des salariés pendant les vacances.

Le droit à la déconnexion, c’est quoi déjà ?

Pour rappel, le droit à la déconnexion des salariés leur garantit le droit de ne pas utiliser les outils digitaux et autres canaux de communication professionnels en dehors de leur temps de travail. Ils ne répondent pas à un mail de leur manager à 22h00 ? A partir du moment où c’est en dehors de leurs heures ou de leurs jours de travail, c’est leur droit. Ils ne sont même pas tenus de le lire dans l’immédiat. En théorie, ils devraient plutôt se reposer tranquillement, se divertir… Bref : vivre leur vie !

C’est bien pour cela que le droit de déconnexion a été instauré à la base. Pour assurer un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle face à la digitalisation galopante du monde du travail avec, en toile de fond, la volonté de réduire les risques contre le burn-out, en limitant autant que possible le stress et la charge mentale des salariés. Ce qui, au final, est aussi bon pour :

  • les salariés, pour de simples questions de santé et de bien-être ;
  • que pour l’entreprise, car des salariés plus heureux et en meilleure santé sont également des salariés plus motivés, plus performants, plus fidèles.. Et beaucoup moins absents, vu la diminution des arrêts maladie.

Une mesure fort utile, donc. Du moins quand on arrive vraiment à l’appliquer…

Est-ce que toutes les entreprises sont concernées par le droit à la déconnexion des salariés ?

En un mot : OUI. En revanche, le Code du Travail instaure un encadrement plus lourd selon la taille des effectifs.

Plus concrètement, le Code du travail impose aux entreprises de plus de 50 salariés :

  • d’aborder le droit à la déconnexion lors des négociations annuelles obligatoires sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). En cas d’échec de la négociation, l’employeur doit au minimum rédiger une charte unilatérale après avis du Comité social et économique (CSE) ;
  • de définir précisément les modalités de non-utilisation des outils digitaux professionnels (ex. : smartphones, e-mails, réseaux sociaux de l’entreprise) en dehors du temps de travail, au sein de l’accord ou de la charte.

Et pour les entreprises de moins de 50 salariés ? Elles ne sont pas obligées de rédiger un accord ou une charte écrite spécifique, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Mais le Code du travail n’en impose pas moins une obligation générale de sécurité. En d’autres termes, tout employeur se doit protéger la santé physique et mentale des salariés contre les dangers de l’hyperconnexion. Cela relève de la prévention des risques psychosociaux !

Sans parler du fait qu’il reste également nécessaire de respecter :

  • les temps de repos légaux. A savoir : 11 heures de repos consécutives entre deux journées de travail, sauf conditions particulières ;
  • le fait qu’un salarié n’a de toute manière pas le droit de travailler pour son employeur habituel – ni pour un autre, d’ailleurs – pendant ses congés payés normalement. Son employeur n’est absolument pas censé lui demander d’effectuer la moindre tâche durant cette période, même aussi « petite » que de répondre à un mail.
déconnexion des salariés : le gouvernement rappelle que l'application de ce droit relève de la prévention des risques psychosociaux et de la prévention du stress au travail.
Source : travail-emploi.gouv.fr

Bref : la déconnexion des salariés durant leurs vacances ou, plus largement, en dehors de leurs heures de travail, c’est un vrai sujet pour TOUTES les entreprises françaises.

Déconnexion des salariés durant les vacances : que dit l’étude Hays 2026 ?

Elle ne dit rien de très rassurant… En effet, seulement 43 % des salariés interrogés durant l’étude Hays affirment parvenir à complètement déconnecter durant leurs vacances. Soit moins d’un salarié sur deux qui parvient réellement à « se couper » du travail pour se ressourcer physiquement et mentalement. On ne va pas se mentir : c’est trop peu.

Pour aller plus dans le détail, parmi les 57 % de salariés qui restent connectés :

  • 40 % consultent ponctuellement leurs outils professionnels, quand ils estiment qu’il y a eu une urgence… Que celle-ci soit avérée ou non, d’ailleurs ;
  • 17 % affirment « ne jamais parvenir à décrocher » durant leurs congés, quelles que soient les circonstances. En d’autres termes, ils passent une bonne partie de leur temps à surveiller leur boîte mail professionnelle et à réagir au moindre message, sur leur ordinateur ou leur portable. Ce qui est hautement stressant, en réalité.


“Plus de la moitié des actifs restent connectés à leur activité professionnelle pendant leurs congés.” 

Source : Étude Hays, 2026

Comment expliquer ce phénomène ?

En vérité, le problème commence avant même le départ en vacances. En effet, seul un salarié sur deux estime que « sa charge de travail lui permet de partir sereinement » en congés. Ils sont également :

  • 38 % à estimer que préparer leur départ en vacances est compliqué... Pas si simple de boucler leurs projets en cours avant le jour J ou de briefer correctement le collaborateur qui va poursuivre leurs missions pendant leurs congés, visiblement ;
  • 12 % à déclarer qu’ils n’ont pas l’impression de pouvoir quitter leur poste dans de bonnes conditions.
déconnexion des salariés : beaucoup d'entre eux travaillent même à la plage durant leurs vacances...
crédit : ed.motions

Autant dire qu’une bonne partie des salariés partent en congé avec des soucis plein la tête… Et une fois les vacances entamées ? La pression ne retombe pas vraiment, hélas, puisque :

  • 40 % des répondants estiment que leur employeur ou manager direct s’attend en réalité à ce qu’ils restent joignables. A tort ou à raison ? Cela doit dépendre des entreprises… Mais quoi qu’il en soit, même si personne ne leur a dit clairement qu’ils devaient répondre « présents » durant leurs congés, ils ont peur d’être mal vus s’ils ne restent pas un minimum disponibles ;
  • 40 % d’entre eux également déclarent avoir déjà écourté leurs vacances pour des raisons professionnelles… Un chiffre qui paraît d’ailleurs assez élevé, car oui, on a le droit de demander à ses employés d’abréger leurs congés… Mais uniquement dans des circonstances exceptionnelles. Au moindre abus, le Conseil de prud’hommes est rarement tendre avec les employeurs sur ce point !

Bref : en termes de prévention des risques psychosociaux, la situation n’est pas fameuse. Mais fort heureusement, il existe des solutions concrètes pour aider les salariés à mieux déconnecter durant leurs congés !

Quelles bonnes pratiques adopter pour favoriser la déconnexion des salariés pendant les vacances ?

Encadrez strictement le droit à la déconnexion au sein de votre entreprise

Même si votre entreprise compte moins de 50 salariés, rien ne vous interdit d’écrire noir sur blanc les modalités encadrant le droit à la déconnexion dans votre entreprise. C’est même vivement conseillé de le faire !

Au minimum, vous pouvez intégrer des consignes simples dans votre règlement intérieur : pas d’appel, de SMS ou de mail professionnel pendant les congés, sauf situation exceptionnelle clairement définie ! Mais dans l’absolu, vous conservez le droit de rédiger aussi une véritable charte sur le sujet. Même sans obligation légale.

Bref : l’essentiel, c’est qu’il soit écrit noir sur blanc que votre entreprise encourage la déconnexion des collaborateurs en dehors de leurs heures de travail. Cela rassure beaucoup les salariés, et en plus, cela leur donne un document sur lequel s’appuyer pour savoir quand il peut être tolérable – ou non – de répondre à une sollicitation professionnelle durant leurs congés.

Du moins s’ils ont connaissance du fameux document, bien entendu…

Sensibiliser et former vos collaborateurs au droit à la déconnexion

Établir des règles, c’est bien. Mais encore faut-il que les salariés les connaissent et sachent concrètement comment les appliquer ! D’où l’intérêt de sensibiliser régulièrement vos équipes au droit à la déconnexion, notamment lors de leur arrivée dans l’entreprise, mais aussi à l’occasion de formations ou de rappels ponctuels.

L’objectif ? Leur faire comprendre qu’ils n’ont pas à rester disponibles en permanence... Y compris lorsqu’ils disposent d’un smartphone professionnel ou qu’ils travaillent régulièrement à distance.

Un mail reçu pendant leurs congés n’implique donc pas nécessairement une réponse immédiate… Et encore moins lorsqu’il peut attendre leur retour !

Profitez-en également pour leur présenter les différents outils qui peuvent faciliter cette déconnexion. C’est notamment le cas des fameuses réponses automatiques d’absence, précisant clairement :

  • les dates de début et de fin des congés ;
  • la date prévue de retour ;
  • le nom et les coordonnées du collègue à contacter en cas de besoin ;
  • les éventuelles modalités à suivre pour les demandes réellement urgentes.
les réponses automatiques, de précieuses alliées pour vos collaborateurs.

Cela évite ainsi que les collaborateurs culpabilisent de ne pas répondre à leurs mails ou que leurs interlocuteurs (ex. : clients, collaborateurs, fournisseurs) s’interrogent face à leur silence.

Préparez le départ en vacances des salariés suffisamment tôt

La déconnexion commence avant même le premier jour de congé. Pour éviter qu’un salarié parte avec une montagne de tâches en tête, mieux vaut anticiper son absence : dans l’idéal, faites-le 2 à 3 semaines avant son départ. Pour cela, vous pouvez notamment prévoir :

  • un point sur les dossiers en cours ;
  • la définition des tâches prioritaires à terminer ;
  • l’identification des dossiers pouvant attendre le retour du salarié ;
  • la désignation d’un collègue pour assurer la continuité si nécessaire ;
  • la transmission des informations et documents indispensables à la poursuite des missions, etc.

Une saine préparation aidera les salariés à partir en vacances l’esprit serein… Tout en optimisant la poursuite du travail en leur absence, au passage. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups !

Valorisez les salariés qui respectent vraiment leur droit à la déconnexion

Mettre en valeur les collaborateurs les plus impliqués, en règle générale, c’est plutôt une bonne chose. Mais si un salarié qui répond à ses mails professionnels depuis la plage ou reste joignable pendant tout son congé est félicité pour son « engagement exceptionnel », le message envoyé aux autres collaborateurs est clair : pour être vu comme un bon salarié, mieux vaut rester connecté.

Autant dire que c’est complètement contre-productif si vous souhaitez instaurer une culture de la déconnexion au sein de votre entreprise.

Pour garder un discours cohérent, il vaudrait mieux valoriser le respect des temps de repos. Et ce, que ce soit :

  • côté managers, en félicitant tous ceux et celles qui font extrêmement attention à ne pas déranger leurs collaborateurs durant leurs vacances ;
  • côté salariés, en valorisant celles et ceux qui savent réellement couper avec leur activité professionnelle pendant leurs congés.

Quelques mots peuvent suffire, mais libre à vous d’en faire plus, en mettant en lumière l’un ou l’autre de vos collaborateurs sur vos réseaux sociaux ou au cours de votre podcast d’entreprise, par exemple. La forme importe assez peu, en vérité : l’essentiel est de bien faire comprendre que la déconnexion n’est pas perçue comme un manque d’implication professionnelle au sein de votre structure. Au contraire, vous considérez qu’elle participe au bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et qu’elle permet aux salariés de revenir dans de meilleures conditions après leurs congés.

Pour favoriser la déconnexion des salariés durant leurs vacances, les managers doivent donner l’exemple

Difficile de demander aux salariés de déconnecter pleinement, si leurs propres managers continuent de leur envoyer des mails, des SMS ou des messages Teams pendant leurs vacances… Même si aucune réponse immédiate n’est demandée ? Effectivement ! Une simple notification peut suffire à rappeler à un collaborateur que le travail continue pendant son absence…. Et l’inciter à quitter son transat pour tapoter sur son clavier.

Evitez donc d’envoyer des mails avec en objet des messages du type « pas urgent », ou « ça peut attendre », par exemple. Cela part d’une bonne intention mais lidéal est vraiment ne pas solliciter le salarié du tout durant ses congés. Puisque ce n’est pas urgent, cela attendra son retour au bureau. Quitte à programmer le mail pour qu’il le lise dès son retour : comme cela, vous êtes certain(e) de ne pas oublier de lui envoyer l’information entre-temps, et lui profite plus sereinement de ses congés de son côté.

D’ailleurs, profitez-vous bien des vôtres vous aussi ? Sur ce point également, les managers doivent donner l’exemple : durant vos congés, votre priorité est de vous reposer. Pas de gérer le dossier De Mesmaeker à distance, entre deux baignades 😉

Les managers aussi ont droit à la déconnexion.
Crédit : StickerGiant

Pour y parvenir, anticipez vous aussi votre propre absence :

  • avant de partir, faites le point sur les dossiers importants ;
  • déléguez les missions qui ne peuvent pas attendre ;
  • et identifiez clairement la personne à contacter en cas de véritable urgence. Vous pourrez ainsi partir l’esprit beaucoup plus léger, sans avoir besoin de garder constamment un œil sur votre téléphone.

Et surtout, ne culpabilisez pas à l’idée de couper complètement. Un bon manager n’est pas celui qui reste disponible 24 h/24, y compris pendant ses vacances. C’est celui qui sait organiser son absence pour que l’entreprise puisse continuer à fonctionner sans lui.

Et si vous affutiez aussi vos techniques de management ?

Last but not least : pour mieux accompagner les salariés dans un monde de plus en plus connecté, optimiser les compétences managériales peut aussi être intéressant. A l’aide de formations en ligne, par exemple ! Elles sont à la fois :

  • plus rapides à intégrer. En effet, il n’y a pas de date de rentrée spécifique : vous pouvez les débuter quand vous le souhaitez ;
  • plus simples à suivre quand on a déjà un emploi du temps bien chargé… Ce qui est le cas de bon nombre de managers, justement. Avec les formations 100 % en ligne, au moins, vous pouvez organiser votre temps d’étude comme vous le souhaitez.

Plus concrètement, nous pensons à la formation « Manager à distance » qui, outre le fameux droit à la déconnexion, permet aussi d’acquérir toutes les compétences essentielles pour bien gérer des collaborateurs en télétravail ou en mode hybride, y compris lorsqu’ils sont répartis sur plusieurs sites.

Ou encore à la formation Encadrer et animer une équipe à l’Ère du Digital. Axée sur les nouvelles pratiques du management, elle permet notamment :

  • de travailler son leadership ;
  • d’obtenir toutes les clés pour renforcer la cohésion et la motivation des équipes ;
  • ou encore de développer ses compétences en management transversal et en gestion des conflits.

Au besoin, plusieurs dispositifs (ex. : CPF, plan de développement des compétences) peuvent être activés pour les financer !

Si vous avez la moindre question à leur sujet – ou au sujet des formations en management à distance – n’hésitez pas à contacter directement nos conseillers !

Audrey Lemaire

Rédactrice de l’article

Audrey Lemaire

Forte de plus de 10 d’expérience en rédaction SEO, je mets mes compétences aux services des marques avec une prédilection pour les thématiques marketing et communication.

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