L’IA s’installe de plus en plus dans les habitudes de travail en 2026, la confiance envers elle s’accroît également… Mais les salariés ne sont pas pour autant prêts à lui laisser prendre de « vraies » décisions ? Cette situation paradoxale vient d’être dévoilée par une étude TeamViewer, menée par l’institut Sapio Research auprès de 4 200 salariés et managers à travers le monde (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie, Brésil, Allemagne, Italie, Japon and Singapour). Gros plan sur cette « confiance conditionnelle » et sur les garde-fous à mettre en place pour convaincre les salariés de lâcher plus la bride à l’intelligence artificielle.
Les points clés de cet article
- L’IA est désormais largement adoptée dans le monde du travail : 75 % des salariés et managers interrogés l’utilisent au moins une fois par jour ;
- Les salariés ont une perception globalement positive de l’IA, mais restent plus prudents face à son autonomie ;
- 95 % des employés expriment au moins une réserve à l’idée de laisser une IA agir sans la moindre intervention humaine ;
- L’IA agentique suscite un intérêt réel, mais sous condition : 70 % des répondants se disent à l’aise avec son utilisation si et seulement s’ils peuvent reprendre la main à tout moment ;
- Les salariés demandent plusieurs garde-fous pour accorder leur confiance à l’IA agentique : parmi eux figurent la confidentialité des données, la possibilité d’annuler une action et la mise en place d’un véritable historique.
Une IA déjà bien installée dans le monde du travail
Premier constat de l’étude : l’IA est désormais bien installée dans les pratiques professionnelles. En effet, 75 % des répondants (salariés et managers confondus) l’utilisent au moins une fois par jour, notamment pour :
- résumer des informations ;
- générer des idées ;
- analyser rapidement une grande quantité de données ;
- ou plus largement, pour accomplir des tâches répétitives.
Pour simplifier, on peut dire que l’IA est déjà régulièrement utilisée pour des tâches d’assistance. Tâches pour lesquelles les répondants l’apprécient, puisque :
- 64 % d’entre eux décrivent leur expérience de l’IA comme « positive » ;
- 97 % des répondants sont capables d’identifier clairement au moins un bénéfice à son utilisation. Comme l’amélioration de la qualité du travail ou la réduction de la charge de travail, par exemple.

Mais il ne s’agit que de moyennes… Pour mieux comprendre où en est exactement l’adoption de l’intelligence artificielle en entreprise, nous vous proposons de nuancer un peu tout ça en comparant le point de vue des managers et des salariés.
Managers vs salariés : une perception différente de l’IA au travail
Dans les faits, 58 % des salariés interrogés estiment déjà que leur expérience professionnelle avec l’IA est positive. Soit plus d’un salarié sur deux : un résultat somme toute encourageant pour l’adoption de ce nouvel outil en entreprise. Il souligne bien que la plupart des salariés sont loin d’être « braqués » contre cette technologie.
Toutefois, force est de reconnaître que les managers sont encore un cran au-dessus, avec :
- 71 % d’entre eux soulignant leur expérience positive avec l’IA ;
- 43 % d’entre eux affirmant également que l’intelligence artificielle les aide à être plus productifs (vs 35 % des salariés).
Dans le même ordre d’idées, on pourrait aussi souligner que de nombreux managers sont capables de citer au moins 3 impacts bénéfiques de l’IA dans leur entreprise… Là où les salariés n’en citent bien souvent qu’un seul.
Bref : les décisionnaires ont une vision plus positive de l’IA que les salariés.

Surprenant ? Pas vraiment. D’une part, parce que plusieurs autres études avaient déjà souligné ce point. Nous pensons notamment à l’étude mondiale Notion sur l’IA au travail. D’autre part, parce que ce phénomène s’explique facilement.
En effet, là où les décisionnaires envisagent davantage l’IA sous l’angle de ses bénéfices globaux pour l’entreprise (ex. : gain de productivité, automatisation, optimisation des processus), les salariés, eux, sont directement confrontés à son utilisation au quotidien. Ils peuvent donc être plus sensibles :
- à ses limites ;
- aux erreurs qu’elle peut produire… Et qui risquent de se retourner contre eux ;
- ou encore à la nécessité de vérifier régulièrement ses résultats.
Des salariés tout de même plus respectifs et confiants envers l’IA… Mais sous conditions
Est-ce que les salariés restent plus circonspects face à l’IA que les décisionnaires ? On ne peut pas le nier.
Est-ce qu’ils sont tout de même globalement favorables à l’utilisation de l’IA ? Tout à fait. Ils se reposent même volontiers de plus en plus sur elle dans leurs missions quotidiennes. Ils commencent vraiment à mieux maîtriser ce nouvel outil, et à lui faire confiance pour résumer un document ou trouver des idées inspirantes, par exemple…
Mais sont-ils vraiment prêts à lui faire confiance les yeux fermés ? Absolument pas. On peut très bien apprécier ces nouveaux outils tout en souhaitant conserver un contrôle humain dès lors qu’une décision importante est en jeu.
C’est l’un des points les plus intéressants de l’étude TeamViewer : la confiance accordée à l’IA semble encore largement conditionnée à la possibilité de garder la main sur elle. C’est pourquoi l’adoption des IA génératives – beaucoup plus contrôlables – est en net progrès… Alors qu’il va falloir gérer le passage à l‘IA agentique avec beaucoup de doigté au bureau !
De l’IA générative à l’IA agentique : un point de bascule qui s’annonce délicat à négocier en entreprise ?
A moins de sortir tout juste d’une (très) longue retraite spirituelle au fin fond des montagnes tibétaines, vous connaissez sans doute déjà les IA génératives, comme ChatGPT et Midjourney, par exemple. Mais connaissez-vous aussi la nouvelle révolution en marche, à savoir : l’IA agentique ? Sans aller trop en avant dans les détails techniques, les agents IAsont nettement plus perfectionnés que les IA génératives.
Ils peuvent notamment enchaîner plusieurs actions, s’adapter à certaines situations imprévues et accomplir des tâches avec un degré d’autonomie beaucoup plus important. En un mot comme en cent : ils peuvent agir, et pas seulement répondre à une demande.
Mais le problème justement, c’est que plus l’IA gagne en autonomie, plus la confiance que les salariés placent en elle baisse, comme le souligne très justement l’étude TeamViewer.
En pratique :
- 95 % des répondants expriment au moins une réserve à l’idée de laisser une IA agir sans aucune intervention humaine dans le processus ;
- seulement 35 % d’entre eux se disent « pratiquement prêts ou complètement prêts » à laisser une IA agir réellement par elle-même au travail, malgré leurs inquiétudes ;
- 32 % sont prêts à le faire MAIS uniquement dans des situations strictement limitées et peu risquées (ex. : aucune donnée sensible confiée à l’IA) ;
- 31 % affirment qu’ils ne sont vraiment pas prêts à le faire à l’heure actuelle…

Source : étude « Path to the Autonomous Workplace », TeamViewer, 2026
Est-ce à dire que l’écrasante majorité des employés interrogés rejettent en bloc le concept même d’une IA autonome ? Que nenni ! En effet, 70 % des répondants se disent à l’aise avec l’idée d’une IA capable d’agir par elle-même, A CONDITION de pouvoir reprendre la main quand ils le souhaitent.
Comment faire pour booster la confiance des salariés envers l’IA agentique au travail, concrètement ?
Soyons clairs : si vous « parachutez » cette nouvelle technologie dans vos équipes sans la moindre préparation en amont, son adoption va s’avérer extrêmement compliquée. Les conclusions de l’étude sont extrêmement claires sur ce point ! Mais fort heureusement, elles apportent aussi des pistes concrètes pour intégrer plus facilement l’IA agentique au bureau. Et ce, en interrogeant directement les salariés sur les « garde-fous » à mettre en place pour les rassurer !
Quels sont les garde-fous demandés pour le déploiement de l’IA agentique ?
Retenez surtout que pour accepter plus facilement une IA autonome :
- 39 % des salariés souhaitent des protections renforcées de sécurité et de confidentialité. Une demande légitime d’ailleurs, à l’ère du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) et de la multiplication des hackers, toujours prêts à traquer la moindre faille pour siphonner vos précieuses données… Y compris dans les nouveaux outils et logiciels boostés à l’IA ;
- 36 % réclament aussi de recevoir une notification de l’agent IA avant tout changement majeur. Histoire de pouvoir le stopper à temps, si jamais il est sur le point de prendre une (très) mauvaise décision. Sage précaution là encore ! En effet, aussi perfectionnée soit-elle, l’IA agentique peut toujours se tromper ;
- 36 % demandent également à ce que des limites claires soient fixées concernant les données, outils et autres logiciels auxquels l’IA peut accéder… Ce qui devrait, entre autres, limiter les dégâts en cas de piratage de l’agent IA ;
- 33 % souhaitent que toutes les actions menées par l’IA soient répertoriées dans un historique, facilement consultable. Cela leur permettrait de vérifier qu’elle n’a commis aucune erreur de jugement en cours de route… Et aussi, accessoirement, de prouver que c’est l’outil qui s’est trompé en cas de problème ;
- et enfin, 31 % des salariés désirent la mise en place d’une option d’annulation ou de retour en arrière, pour corriger facilement les éventuelles erreurs de l’IA.

Autres recommandations utiles pour accroître la confiance des salariés envers l’IA agentique
Les garde-fous directement plébiscités par les salariés constituent déjà une bonne base de travail. D’autant plus que leurs demandes sont frappées au coin du bon sens ! Toutefois, pour instaurer un véritable climat de confiance, il faut également un véritable accompagnement humain. C’est pourquoi nous vous conseillons aussi :
- d’impliquer vos collaborateurs dans les décisions. Après tout, ce sont eux qui devront travailler quotidiennement avec ces nouveaux outils. Présentez-leur les projets en amont et recueillez leurs avis, notamment sur le choix des agents et les tâches qui peuvent leur être confiées ;
- d’expliquer clairement le fonctionnement et les limites des agents IA. Les salariés doivent savoir ce que l’outil peut faire, quelles données il peut consulter, quelles décisions il peut prendre et dans quelles situations une intervention humaine reste nécessaire. Plus les règles sont claires, mieux ils accepteront l’autonomie de l’IA ;
- de définir clairement les responsabilités. Un salarié ne doit pas craindre d’être tenu responsable d’une décision prise par un agent IA, alors qu’il n’avait aucun moyen de la contrôler. En clarifiant les rôles et responsabilités de chacun avant le déploiement, vous rassurerez grandement vos collaborateurs ;
- de former les collaborateurs à ces nouveaux usages… L’objectif n’étant pas seulement de leur apprendre à utiliser un agent IA, mais aussi à savoir quand lui faire confiance, quand vérifier son travail et quand reprendre la main !
« La confiance grandit quand les salariés comprennent comment les décisions sont prises, ont leur mot à dire sur les domaines où l’autonomie est introduite et savent qu’ils ne seront pas tenus responsables de résultats qu’ils ne maîtrisaient pas. »
Source : Kai Werner, DRH de TeamViewer, au sujet de l’étude « Path to the Autonomous Workplace », 2026
En conclusion
En définitive, les résultats de l’étude illustrent moins un rejet total de l’IA au travail qu’une confiance conditionnelle. Les salariés semblent déjà accepter volontiers qu’elle les assiste, mais souhaitent conserver un droit de regard lorsqu’elle commence à prendre des initiatives ou des décisions à leur place. Ce dont on peut difficilement les blâmer !
Plutôt que de se lancer dans un « bras de fer » dont personne ne sortira vraiment gagnant, mieux vaut entendre les doutes de vos collaborateurs et les impliquer autant que possible dans le déploiement des nouveaux outils IA. Cela demande du temps et de l’organisation, certes. Mais tous ces efforts en valent la peine s’ils vous permettent d’instaurer un véritable climat de confiance dans votre entreprise. Sans lui, vos équipes n’exploiteront jamais les nouveaux outils à leur plein potentiel !
Si vous voulez creuser le sujet encore plus en profondeur, nous vous invitons à :
- consulter directement les résultats de l’étude « Path to the Autonomous Workplace » de TeamViewer. Même si nous vous avons déjà présenté ses principaux enseignements, elle regorge encore de détails intéressants 😉 ;
- suivre une formation (ou faire suivre une formation à vos collaborateurs) afin de mieux exploiter l’IA. En particulier une formation 100 % en ligne (formation digital learning)…
Pourquoi choisir une formation digital learning pour mieux maîtriser l’IA ?
Choisir une formation 100 % en ligne présente de nombreux avantages. Dont :
- la possibilité de l’intégrer à n’importe quel moment de l’année ;
- l’élimination des frais « annexes » des formations présentielles, comme les frais de déplacement et de restauration sur place ;
- l’opportunité de vous organiser comme vous le souhaitez. C’est l’une des raisons pour lesquelles autant de managers aux agendas surbookés apprécient ce format, d’ailleurs…
Plus concrètement, nous pensons à la formation digital learning « Piloter l’intégration de l’IA dans son activité ». Comme son nom l’indique, elle donne toutes les clés pour bien déployer les différents outils d’intelligence artificielle (IA générative et agentique inclus) au sein de votre entreprise.
Mais au besoin, il existe aussi des formations pour apprendre à vos collaborateurs à bien utiliser l’IA durant leurs missions, comme l’Executive Mastère Communication, Brand Content et IA !
Executive Mastère qui donne d’ailleurs accès aux Rendez-vous de l’IA : des séances en live avec des professionnels du secteur pour rester informés des dernières bonnes pratiques… Ce qui est loin d’être du luxe, compte tenu de la vitesse à laquelle l’IA évolue !
Bref : en matière d’IA, il existe des formations en ligne adaptées à tous les profils.
Retenez aussi que, selon votre situation, vous pouvez faire appel à différents dispositifs pour les financer. Comme le CPF (Compte Professionnel de Formation), le plan de développement des compétences de l’entreprise, les aides régionales, etc. C’est le même principe que pour les formations présentielles !
Mais vous ne savez peut-être pas quelle formation correspond le mieux à vos objectifs ou à ceux de vos collaborateurs ? Dans ce cas, nos conseillers sont là pour vous accompagner !
N’hésitez pas à les contacter pour faire le point sur vos besoins, les formations disponibles… Et les moyens de financer chacune d’entre elles !
Rédactrice de l’article
Audrey Lemaire
Forte de plus de 10 d’expérience en rédaction SEO, je mets mes compétences aux services des marques avec une prédilection pour les thématiques marketing et communication.

