Une nouvelle promotion doit ouvrir dans quelques semaines, mais le spécialiste chargé de certains enseignements reste introuvable… Alors faut-il reporter un module, solliciter encore les mêmes intervenants ou revoir le calendrier ? Pour de nombreuses écoles et CFA, la pénurie de formateurs complique désormais l’organisation des parcours.
Cette tension varie bien entendu selon les métiers, les territoires et les périodes. Mais elle révèle une difficulté de fond : recruter, au bon moment, des professionnels qui maîtrisent leur domaine et savent transmettre. Pour y répondre, certains établissements élargissent leur vivier d’intervenants, d’autres mutualisent leurs ressources ou développent la formation hybride. L’enjeu n’est pas de remplacer l’humain, mais de réserver son expertise aux activités qui en ont réellement besoin.
Les points clés de cet article
- Le recrutement de formateurs reste difficile, selon les spécialités et les territoires.
- Les écoles et CFA recherchent des profils qui combinent expertise métier, pédagogie et disponibilité.
- La mutualisation des contenus et la formation hybride permettent de mieux organiser le temps de formation.
- Le digital libère du temps pour la pratique, les échanges et l’accompagnement.
- Un LMS est efficace s’il répond à une stratégie pédagogique claire et simplifie le travail des équipes.
La pénurie de formateurs est-elle devenue un problème structurel ?
Aujourd’hui, les chiffres confirment de réelles tensions. Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2025 de France Travail, près de 17 600 projets de recrutements de formateurs étaient prévus en France. Parmi eux, 57,8 % étaient considérés comme difficiles. Ces données concernent l’ensemble des formateurs (pas uniquement ceux des écoles et CFA), mais elles témoignent des difficultés du secteur.
17 600 projets de recrutement de formateurs étaient prévus en France en 2025. Parmi eux, 57,8 % étaient jugés difficiles.
France travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2025
Dans le même temps, les besoins restent considérables : fin 2025, la DEPP recensait plus d’un million d’apprentis en CFA. Les établissements doivent donc mobiliser de nombreux intervenants, dans des domaines toujours plus variés.
L’Observatoire AKTO souligne également l’essor de nouveaux métiers liés au digital learning, à la création de contenus et aux données. Le défi n’est donc pas seulement de recruter davantage de formateurs, mais de trouver les bonnes expertises au bon moment.
La pénurie devient structurelle lorsqu’un parcours dépend de quelques intervenants difficiles à remplacer : une absence ou une hausse des effectifs peut en effet désorganiser tout un programme ! Les établissements doivent donc revoir le recrutement, mais aussi la fidélisation des formateurs et l’organisation pédagogique dans son ensemble.
Pourquoi les écoles et les CFA peinent-ils à recruter les bons profils ?
Une double compétence difficile à trouver
Bien connaître un métier ne suffit pas toujours pour savoir l’enseigner. Un expert en cybersécurité, en ressources humaines ou en gestion de projet doit aussi savoir définir des objectifs, construire une progression, animer un groupe et évaluer les acquis.
Or, les professionnels qui combinent déjà expertise métier et compétences pédagogiques sont très sollicités. Et ceux qui débutent dans la formation ont besoin d’être accompagnés pour transformer leur expérience en contenus clairs et accessibles. Rechercher un intervenant immédiatement expert, pédagogue et autonome limite donc fortement le nombre de candidats.
Des experts métier peu disponibles
Les compétences recherchées sont souvent détenues par des professionnels en activité, avec un emploi du temps généralement chargé ! Un consultant peut accepter d’animer une classe virtuelle ponctuelle, sans pouvoir intervenir chaque semaine pendant six mois. Un manager expérimenté peut étudier des cas complexes avec les apprenants, mais ne souhaite pas forcément répéter plusieurs fois le même type de cours…

Cette réalité pousse les établissements à répartir un même module entre plusieurs intervenants ou formats.
Des besoins qui évoluent rapidement
Intelligence artificielle, nouveaux outils numériques, réglementation, transition environnementale… Les compétences attendues peuvent évoluer en quelques mois. Le temps de définir le besoin, de trouver un intervenant et de l’intégrer, le contenu peut déjà nécessiter une mise à jour.
Les écoles et CFA doivent donc mobiliser rapidement les bonnes expertises tout en actualisant régulièrement leurs enseignements.
Comment les établissements répondent-ils à la pénurie de formateurs ?
Diversifier les intervenants
Pour faire face à la pénurie de formateurs, les écoles et les CFA peuvent :
- recruter des experts en activité ;
- nouer des partenariats avec des entreprises ;
- faire appel à d’anciens élèves ;
- partager un formateur entre plusieurs campus ;
- solliciter un spécialiste éloigné grâce à la classe virtuelle.
Prenons l’exemple d’un CFA situé dans une ville moyenne qui recherche un expert en acquisition digitale. Il peut organiser des séances à distance avec un spécialiste installé dans une autre région, puis confier les ateliers pratiques à un formateur présent sur le campus. Cette organisation nécessite de bien répartir les rôles : l’expert apporte une compétence ciblée, tandis que l’équipe pédagogique assure le suivi et la continuité du parcours.
Mieux accompagner et fidéliser les formateurs
Recruter un professionnel ne suffit pas : l’établissement doit aussi lui donner envie de rester ! Dès son arrivée, le formateur doit comprendre les objectifs du module, le profil des apprenants, les modalités d’évaluation et les ressources disponibles.
Des modèles de séquences, une assistance technique ou l’aide d’un ingénieur pédagogique peuvent faciliter son travail. Le formateur consacre ainsi moins de temps aux outils et aux tâches administratives, et davantage à la transmission des savoirs et des compétences.
Et comme le montre ce témoignage sur les coulisses des formations VISIPLUS academy, les formateurs attendent eux aussi une expérience fluide. La qualité des échanges, des supports et de l’accompagnement contribue largement à la réussite de leurs interventions.
Mutualiser certains contenus
Plusieurs formateurs présentent parfois les mêmes notions, créent des quiz similaires ou mettent à jour des supports très proches. Pour éviter ce travail répétitif, les établissements peuvent créer un socle de contenus commun à plusieurs promotions ou parcours.
En revanche, il ne s’agit pas de tout uniformiser. Les notions fondamentales peuvent être partagées, tandis que les exercices, les études de cas et les échanges restent adaptés à chaque groupe. Et cette organisation facilite également la continuité des cours lorsqu’un intervenant devient indisponible.
Développer des parcours hybrides
La formation hybride combine séances en présentiel, classes virtuelles et activités numériques. Elle permet de choisir le format le plus adapté à chaque objectif pédagogique.
Un apprenant peut, par exemple, découvrir une méthode dans un module interactif, vérifier sa compréhension avec un quiz, puis participer à un atelier animé par un formateur. Comme pour le digital learning déployé en entreprise, les temps d’échange sont ainsi consacrés aux questions, à la pratique et aux difficultés rencontrées.
Comment l’hybridation permet-elle de mieux utiliser le temps des formateurs ?
Toutes les activités pédagogiques n’exigent pas la même présence humaine. Une notion théorique peut, par exemple, être découverte en autonomie. En revanche, un geste professionnel ou une situation complexe demande davantage d’observation, d’échanges et de conseils personnalisés.
| Activité pédagogique | Modalité possible |
| Découvrir les notions fondamentales | Module interactif, vidéo ou podcast |
| Vérifier la compréhension | Quiz et exercices autocorrectifs |
| Accéder à une expertise spécifique | Classe virtuelle commune à plusieurs groupes |
| Mettre en pratique une méthode | Atelier en présentiel |
| Analyser une situation complexe | Étude de cas animée par un formateur |
| Obtenir un retour personnalisé | Échange individuel ou en petit groupe |
| Évaluer une compétence | Mise en situation devant un formateur ou un jury |
Cette organisation ne vise pas à augmenter sans limite le nombre d’apprenants. Elle permet surtout de réserver le temps des formateurs aux activités qui nécessitent réellement leur expertise : la pratique, l’analyse et l’accompagnement.
Exemple : une spécialiste de la data doit intervenir auprès de quatre promotions. Si tous les cours se déroulent en direct, elle doit présenter quatre fois les mêmes notions de base. Dans un parcours hybride, les apprenants commencent par consulter un contenu numérique commun. La formatrice peut ensuite consacrer ses séances à l’analyse de données réelles, aux erreurs rencontrées et aux questions propres à chaque groupe.
L’hybridation ne repose évidemment pas sur un modèle unique. La part de digital doit être adaptée aux compétences visées, au niveau d’autonomie des apprenants et à leur besoin d’accompagnement. L’objectif reste de trouver le bon équilibre entre apprentissage autonome et présence du formateur.
Un LMS suffit-il pour répondre à la pénurie de formateurs ?
Non, car un LMS reste un outil. Or, déposer des PDF sur une plateforme ne suffit pas à transformer la pédagogie ou l’organisation d’une formation ! Sans stratégie claire, contenus adaptés et accompagnement, il peut même devenir une contrainte supplémentaire…
Pour être réellement utile à une école ou un CFA, la solution doit permettre de :
- personnaliser l’environnement aux couleurs de l’établissement ;
- proposer des contenus variés et faciles à actualiser ;
- combiner travail en autonomie, classes virtuelles et présentiel ;
- partager les ressources entre plusieurs parcours ou campus ;
- suivre la progression, les résultats et l’assiduité des apprenants ;
- accompagner les équipes dans la gestion du dispositif.
La réflexion doit donc rester pédagogique : quelles activités nécessitent la présence d’un formateur et lesquelles peuvent être réalisées en autonomie ? Le LMS permet ensuite d’organiser et de relier ces différentes modalités.
Dans cette logique, le VISIPLUS Learning Hub pour les écoles et CFA associe un LMS en marque blanche à des contenus prêts à l’emploi. Les établissements peuvent digitaliser certains enseignements, construire leurs propres parcours et suivre les apprenants, tout en conservant leur identité pédagogique.
Quelles conditions réunir pour réussir cette transformation pédagogique ?
La réussite d’un parcours hybride ne dépend pas seulement de la plateforme choisie. Avant de vous lancer :
- partez des compétences à acquérir : une ressource numérique peut suffire pour mémoriser une procédure. En revanche, conduire un entretien ou réaliser un geste technique nécessite une mise en situation accompagnée ;
- associez les formateurs à la conception des parcours : leur expérience permet d’identifier les notions accessibles en autonomie et celles qui nécessitent des explications ou de la pratique ;
- donnez un cadre aux apprenants : prévoyez un calendrier, des consignes claires et des rendez-vous réguliers. Un tableau de bord peut signaler un retard, mais ne remplace pas l’accompagnement humain ;
- mesurez les apprentissages réels : ne regardez pas seulement le taux de connexion ou le nombre de modules terminés. Analysez aussi les évaluations, la participation aux ateliers et la satisfaction des apprenants. Cela permet ensuite de trouver le bon équilibre entre digital et présentiel.
De la pénurie de formateurs à un nouveau partage des rôles
Face à la pénurie de formateurs, recruter reste indispensable. Mais les écoles et CFA doivent aussi mieux utiliser les compétences déjà disponibles. Or, l’hybridation offre un levier concret : mutualiser certains contenus et réserver les interventions des formateurs aux activités où leur expertise apporte le plus de valeur.
Leur rôle ne disparaît pas, bien au contraire ! Délestés de certaines tâches répétitives, les formateurs peuvent davantage expliquer, contextualiser, faire pratiquer et accompagner la progression. Les équipes pédagogiques veillent, quant à elles, à la cohérence et au suivi des parcours.
Le VISIPLUS Learning Hub accompagne cette évolution : il permet aux établissements de créer leur propre environnement de formation, de proposer des ressources variées et de combiner apprentissage autonome et interventions humaines.
Vous souhaitez évaluer ce que l’hybridation pourrait apporter à vos parcours ? Échangez avec les équipes VISIPLUS pour identifier les contenus à mutualiser et les moments où l’expertise de vos formateurs doit rester centrale.

